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La Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal publie la 12e édition de l’État de l’énergie au Québec

Jeudi 12 février 2026

Montréal, le 12 février 2026 – Le nouveau portrait énergétique du Québec révèle un secteur marqué par des tendances divergentes : les ventes de produits pétroliers continuent de croître, tandis que le parc de véhicules à essence et diesel amorce son premier recul. Le nombre de véhicules par habitant baisse pour une troisième année, mais les dépenses liées aux ventes de véhicule sont toujours en hausse. Ces contrastes ressortent de l’État de l’énergie au Québec 2026, publié par la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, avec le soutien financier du gouvernement du Québec. 

 

Des cibles en mouvement

Cette édition survient alors que plusieurs cibles énergétiques, en place depuis 2016, sont retirées ou révisées dans les Plans de mise en oeuvre du Plan pour une économie verte, notamment celle visant une réduction de 40 % de la consommation de produits pétroliers d’ici 2030. La cible climatique a par ailleurs été repoussée à 2035, tandis que de nouveaux objectifs sont attendus dans le cadre du Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques.

« Ces ajustements nuisent à la prévisibilité nécessaire à la transition et le suivi de données. Plutôt que revoir les cibles, il faut renforcer les mesures pour en améliorer les résultats », souligne Pierre‑Olivier Pineau, professeur titulaire de la Chaire.

 

Revoir les leviers pour inverser les tendances

Selon M. Pineau, le Québec devra inverser ses tendances de consommation pour mieux gérer les pointes et absorber les coûts liés aux énergies émergentes et à l’électrification. L’approche actuelle, centrée sur les incitatifs, gagnerait à être complétée par des mesures fiscales, tarifaires et réglementaires plus structurantes, ainsi que par des normes d’efficacité renforcées, afin d’aligner les marchés avec l’objectif de carboneutralité en 2050.

 

Progrès encore possible

Même repoussée à 2035, la cible de réduction des émissions de GES laisse peu de marge. Certaines mesures annoncées pourraient remettre le Québec sur la bonne trajectoire. « L’Ontario et l’Allemagne démontrent qu’il est possible de faire croître le PIB tout en réduisant la consommation d’énergie et les émissions », rappelle M. Pineau. « En améliorant sa productivité énergétique, le Québec pourrait combler son retard en productivité tout en progressant vers plus d’efficacité et de sobriété énergétiques. »

 

Faits saillants 

Consommation d’énergie et vente de véhicules

  • En 2024, le parc de véhicules à essence et diesel recule pour la première fois, porté par la montée des véhicules électriques, mais la consommation de produits pétroliers continue d’augmenter et se rapproche du niveau prépandémique de 2019.
  • Les ventes de VUS et camions (électriques et à essence) dominent toujours le marché : 86 % en 2024, contre 24 % en 1990. Jamais les Québécois n’ont autant dépensé d’argent qu’en 2024 pour acheter de nouveaux véhicules : 25,9 milliards (+19 % par rapport à 2023).
  • Le nombre de véhicules par 1 000 habitants diminue pour une troisième année, après un sommet en 2021.

 

Industrie et productivité énergétique

  • L’intensité carbone de l’énergie consommée par l’industrie n’a baissé que de 7 % depuis 1990, révélant une décarbonation limitée de ses sources d’approvisionnement en plus de trois décennies.
  • Les gains de productivité énergétique au Québec ne se traduisent pas par une baisse réelle de la consommation : contrairement à l’Ontario, le Québec connaît seulement un découplage relatif, où la croissance du PIB s’accompagne encore d’une hausse — plus modérée — de l’énergie consommée.

 

Consommation par habitant

  • Avec 182 GJ par habitant, le Québec demeure parmi les plus grands consommateurs d’énergie au monde (Ontario : 152 GJ; Allemagne : 97 GJ), en raison notamment du faible prix de l’énergie, du climat et d’une forte présence d’industries énergivores attirées par l’hydroélectricité bon marché.

 

Électricité : Une production en baisse, un interfinancement en hausse

  • La production d’électricité au Québec poursuit sa baisse en 2024, atteignant 185 TWh, un niveau inférieur aux années précédentes. Les exportations diminuent également (15 TWh) et pour la première fois depuis longtemps, le Québec a importé plus d’électricité de l’État de New York (4 TWh) qu’il n’en a exporté (2 TWh).
  • Trois années consécutives de faibles apports hydriques (2023, 2024 et 2025) expliquent cette baisse de la production et des exportations. Les faibles apports d’eaux demeurent le principal facteur limitant.
  • Les clients résidentiels ont bénéficié d’un interfinancement croissant en 2025. Ils n’ont payé que 81 % des coûts induits par leur consommation. À l’inverse, les clients commerciaux (tarif M) paient 137 % du coût de service calculé par Hydro-Québec. Les clients industriels paient 116 % de ce coût de service. Les perspectives tarifaires pour 2026 et les années suivantes devraient poursuivre cette tendance, avec des hausses plafonnées à 3 % pour les ménages, mais supérieures à 4 % pour les entreprises.

 

Nouvelles filières énergétiques

  • Biocombustibles liquides : Les capacités de production (biodiesel, éthanol, huile pyrolytique) sont demeurées stables depuis 2023.
  • Gaz naturel renouvelable (GNR). Au 30 septembre 2025, le GNR comptait pour 2 % des volumes du réseau gazier. Le Québec compte 11 usines de GNR totalisant 142 millions de mètres cubes (Mm³) par an, dont 77 % sont exportés vers les États‑Unis.
  • Hydrogène. En 2024, l’hydrogène représentait moins de 1 % du bilan énergétique, produit à 91 % à partir d’hydrocarbures (avec GES) et à 2 % à partir d’électricité renouvelable. Une dizaine de projets d’hydrogène vert sont en développement, pour un potentiel de 700 000 kg/jour et environ 1 000 MW d’électrolyse. Les projets majeurs à l’étude (TES Canada, H2V Énergie, BELT) visent la production et conversion d’hydrogène en gaz naturel synthétique pour injection dans le réseau d’Énergir.
  • Blocs d’électricité. Selon des estimations des auteurs, environ 2 151 MW de blocs d’électricité ont été autorisés et préautorisés à des projets depuis 2023. Répartition : 34 % pour des projets d’intérêt public, 27 % pour l’hydrogène vert et bioénergies, 19 % pour les mines et métaux, aluminium et acier, 13 % pour la filière des batteries, et 6 % pour d’autres projets.

 

Marché du carbone

  • Les émissions totales de GES ont légèrement baissé au Québec en 2023 par rapport à 2022 : 1,4 % a été retranché, soit 1,1 million de tonnes (Mt).
  • Les émetteurs québécois ont acheté un peu moins de droits d’émissions à la Californie en 2023 : 9,6 Mt contre 10 Mt en 2022. Ces flux nets négatifs de droits d’émission viennent améliorer le bilan officiel des émissions de GES au Québec.
  • Aux enchères de droits d’émissions, le prix de la tonne de GES a fluctué entre 36,05 $ et 41,54 $, un niveau nettement inférieur au record de 56,61 $ atteint en 2024.

 

Pour en savoir plus, consultez l’État de l’énergie au Québec 2026, par Johanne Whitmore, chercheuse principale, et Pierre-Olivier Pineau, professeur titulaire de la Chaire.

 

Inscrivez-vous au lancement virtuel, le 12 février, à 10h00.

 

À propos de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal

Créée en 2013, la Chaire a pour mission d’augmenter les connaissances sur les enjeux liés à l’énergie, dans une perspective de développement durable, d’optimisation et d’adéquation entre les sources d’énergie et les besoins de la société. Elle publie l’État de l’énergie au Québec depuis 2014, et en collaboration avec le gouvernement du Québec depuis 2019.

Contact : Émilie Novales, Conseillère principale en relation avec les médias, HEC Montréal

438.520.3536 | [email protected]