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Femmes et personnes immigrantes : deux fois plus présentes que les autres groupes parmi les nouveaux entrepreneurs

Dévoilement de l’Indice entrepreneurial québécois 2021

Jeudi 31 mars 2022

Après deux ans de pandémie, les taux globaux d’intentions d’entreprendre et de démarches sont visiblement à la baisse

Montréal, le 31 mars 2022 - Réseau Mentorat dévoile aujourd’hui lIndice entrepreneurial québécois 2021 présenté par le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec, une référence incontournable depuis 2009 en matière de mesure de l’entrepreneuriat au Québec. Les femmes et les personnes issues de l’immigration présentent des taux près de deux fois plus élevés comparativement aux hommes et aux personnes natives parmi les nouveaux entrepreneurs. Ce sont des résultats qui consolident la place de plus en plus importante de ces groupes dans l’entrepreneuriat québécois, tel qu’observé dans l’Indice 2020.

 

Recul des taux globaux d’intentions et de démarches, stabilité du taux de propriétaires

En 2021, le taux global d’intentions d’entreprendre se situe à 15,1 %, en baisse de plus de 5 points de pourcentage depuis 2019. Le taux global de démarches s’établit à 7,2 % (9,7 % en 2019). Les baisses dans la dernière année sont surtout liées à celle des taux des hommes et des jeunes, mais malgré cette fluctuation, les 18 à 34 ans demeurent le groupe d’âge ayant le plus grand désir d’entreprendre.

Après cinq ans de diminution du taux des propriétaires (de 7,9 % en 2015 à 5,6 % en 2020), celui-ci s’est stabilisé et se situe toujours à 5,6 % en 2021. Cette stabilisation s’explique par le taux plus élevé des personnes issues de l’immigration (6,9 % comparativement à 5,3 % pour les personnes natives). Le taux des fermetures (personnes ayant fermé au moins une fois dans leur vie une entreprise) se situe à 10,0 % (11,9 % en 2020), une légère baisse qui pourrait s’expliquer par l’important dispositif de soutien gouvernemental durant la crise.

 

Quasi-parité des taux homme-femme pour les intentions et les démarches

Après une réduction constante de l’écart entre les taux féminins et masculins depuis 2015, l’Indice 2021 affiche un taux d’intentions des femmes quasi égal à celui des hommes (respectivement 14,9 % et 15,2 %). Le taux de démarches des femmes est lui aussi à quasi-égalité (respectivement 7,0 % et 7,4 %).

Le taux des nouveaux propriétaires (en activité depuis moins d’un an) est nettement plus élevé chez les femmes que les hommes (respectivement 13,3 % et 7,2 %). Sur l’ensemble des nouveaux propriétaires, cela représente une proportion de 64,8 % pour les femmes. En comparaison, lors de la parution de l’Indice 2017 dédié à l’entrepreneuriat féminin, cette proportion de nouvelles femmes propriétaires s’établissait à 51,4 %. Plus que jamais, les femmes jouent un rôle de premier plan dans le monde des affaires, et ces taux sont le reflet de leur dynamisme.

 

Personnes issues de l’immigration : résilience et agilité

Ce groupe est toujours deux fois plus « dynamique » : les taux d’intentions et de démarches des personnes issues de l’immigration demeurent toujours en 2021 deux fois plus élevés que ceux des personnes natives (intentions : 25,7 % contre 13,3 % pour les personnes natives, démarches : respectivement 12,2 % et 6,4 %).

En 2021, le taux de propriétaires est plus élevé chez les personnes issues de l’immigration (6,9 %, comparativement à 5,3 % chez les personnes natives), et s’explique particulièrement par le taux nettement plus élevé de nouveaux propriétaires en activité depuis moins d’un an pour ce groupe (15,7 % contre 9,0 % pour les personnes natives). Signe de résilience, soulignons aussi les nombreux pivots que les propriétaires issus de l’immigration ont pu effectuer dans la dernière année à différents égards. À titre d’exemple : la transformation de l’entreprise pour offrir une gamme de produits/services différente (55,3 % contre 36,1 % pour les personnes natives) et l’adoption d’une nouvelle approche commerciale (56,1 % contre 37,5 %).

 

La pénurie de main-d’œuvre : obstacle n1 des propriétaires d’entreprise

Sans surprise, les propriétaires d’entreprise identifient la pénurie de main-d’œuvre comme étant l’obstacle no1 à la croissance de leurs activités, suivie par tous les obstacles liés aux conditions sanitaires et économiques engendrées par la pandémie de la COVID-19.

Une donnée positive observée est la hausse de plus de 10 points de pourcentage des propriétaires qui considèrent leur entreprise comme étant en bonne posture comparativement à 2020 (47,2 % contre 36,1 %). Toutefois, la part des entreprises en danger et avec risque de fermeture imminente a doublé, passant de 2,1 % à 4,2 %, et davantage chez les propriétaires immigrants que natifs. Pour l’ensemble de ces entreprises en difficulté, 1 sur 4 invoque la pénurie de main-d’œuvre comme cause principale. 

Si la pandémie et la pénurie de main-d’œuvre génèrent des impacts qui se font sentir dans la chaîne entrepreneuriale, le vieillissement de la population s’inscrit lui aussi en trame de fond de ces changements en cours.

 

Autres faits saillants

  • Pénurie de main-d’œuvre : impact potentiel chez nos futurs entrepreneurs.
    • Ce manque affecte même les personnes en démarches pour entreprendre puisqu’elles sont le tiers à indiquer que c’est un obstacle difficile à contourner dans le cadre de la création ou de la reprise de leur entreprise ; un défi s’ajoutant aux nombreux autres à cette étape
  • Le secteur de l’agriculture, foresterie, pêche et chasse est davantage prisé.
    • Le taux des personnes en démarches au sein de ce secteur a évolué de la 10e position en 2019 à la 4e en 2021, pour s’établir à 8,8 %. Il s’agit d’une progression notable à suivre de près.
  • Neurodiversité chez les entrepreneurs.
    • L’Indice 2021 a également fait une incursion pour la première fois du côté de la mesure des personnes se déclarant neuroatypiques et vivant par exemple avec un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/TDAH), le syndrome d’Asperger, etc. Près de deux fois plus de personnes indiquent être neuroatypiques chez les propriétaires d’entreprise (11,2 %) que chez les personnes qui ne sont pas dans le processus entrepreneurial (6,5 %). Une donnée intéressante qui vient étoffer notre compréhension des besoins et façons de mieux accompagner ces entrepreneurs.

 

En conclusion

Le Québec aura toujours besoin de nouveaux entrepreneurs pour développer ses communautés et l’aider à affronter des enjeux de plus en plus complexes. Pour être capable d’atteindre nos cibles et idéaux comme société, il faudra continuer à encourager la diversification de notre entrepreneuriat.

Pour en savoir plus sur l’Indice entrepreneurial québécois 2021 et télécharger le rapport : https://indiceentrepreneurialqc.com/rapports/indice-2021/

 

Des partenaires clés de l’écosystème entrepreneurial

L’Indice entrepreneurial québécois 2021 du Réseau Mentorat est présenté par le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec ainsi que par les partenaires majeurs suivants : Banque Nationale, la CDPQ et l’Ordre des CPA du Québec. L’Indice est réalisé en partenariat avec l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale | HEC Montréal et Léger.

L’Indice peut aussi compter sur les partenaires collaborateurs suivants : OSEntreprendre, la base entrepreneuriale HEC Montréal, Evol, Centre de transfert d’entreprises du Québec, École des entrepreneurs du Québec, Entreprendre ICI, Réseau des femmes d’affaires du Québec, Anges Québec, le Portail des connaissances pour les femmes en entrepreneuriat, le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, le Chantier de l’économie sociale et la Caisse d’économie solidaire Desjardins.

L’Indice compte aussi sur la collaboration de : CEDEC Sherbrooke, Sherbrooke Innopole, le Collectif autonome des Carrefour jeunesse emploi du Québec, Économie sociale Laurentides, la Fédération des coopératives de câblodistribution et de télécommunication du Québec, Agoralliance, le Réseau COOP, Femmes du cinéma, de la télévision et des arts numériques, QUÉTAL chambre de commerce latino-américaine du Québec, le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, Économie sociale Lanaudière, le Pôle d’économie sociale du Centre-du-Québec, le Comité sectoriel de main d’œuvre de l’économie sociale et de l’action communautaire, la Table régionale d’économie sociale Chaudière-Appalaches, le Pôle d’économie régionale du Bas-Saint-Laurent, le Réseau de coopération des entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EESAD), le Pôle de l’entrepreneuriat collectif de l’Est de la Montérégie, le Pôle d’économie sociale de l’agglomération de Longueuil.

 

Citations

 

« Le Québec a besoin d’entrepreneurs audacieux et déterminés dans toutes ses régions pour assurer la vitalité de son économie. Avec l’Indice entrepreneurial québécois, notre écosystème d’entrepreneuriat peut adapter son offre et mieux répondre aux réalités des gens désireux d’entreprendre. Je souligne d’ailleurs la place grandissante des femmes, des jeunes et des personnes issues de l’immigration dans cet écosystème de plus en plus à l’image de notre société ! »
Lucie Lecours, ministre déléguée à l’Économie

 

« La pénurie de main-d’œuvre cause des problèmes aux entrepreneurs actuels et fait hésiter des gens qui ont peut-être l’intention d’entreprendre. Il faut trouver des moyens pour préserver et développer le capital entrepreneurial du Québec. »
Pierre Duhamel, directeur général, Réseau Mentorat

 

« L’Indice 2021 souligne une présence importante des femmes et des immigrants en entrepreneuriat, ce qui est une bonne nouvelle pour la diversité de notre relève d’affaires. Nos entrepreneurs font toutefois face à des obstacles exacerbés par la pandémie et on observe une baisse des intentions d’entreprendre. La Banque Nationale est résolument engagée à travailler avec ses partenaires afin de soutenir l’esprit d’entreprise et continuera d’accompagner les entrepreneurs pendant cette période d’incertitude. »
Isabelle Savard, vice-présidente, stratégie et efficacité des ventes, Banque Nationale

 

« Au cours des dernières années, les résultats de l’Indice nous ont permis de constater que la communauté entrepreneuriale québécoise est en constante évolution. Celle-ci s’enrichit de sa diversité, car elle contribue à sa créativité. La CDPQ a à cœur le dynamisme de l’entrepreneuriat en participant au rayonnement de modèles inspirants pour la nouvelle génération d’entrepreneurs.es. »
Ani Castonguay, Première vice-présidente, Affaires publiques, Caisse de dépôt et placement du Québec

 

« Les CPA et la communauté d’affaires sont de véritables alliés. En tant que leaders, nous avons la responsabilité de partager notre vision, notre optimisme et notre capacité à nous réinventer, qui doivent servir de carburant pour la relève entrepreneuriale ! Qu’elle soit issue de la jeune génération, de l’immigration ou de la moins jeune, elle est essentielle pour bâtir le Québec de demain. »
Geneviève Mottard, CPA, CA, présidente et chef de la direction, Ordre des CPA du Québec

 

« Comme chaque année, l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale - HEC Montréal est fier d’être partenaire avec le Réseau Mentorat pour l’Indice entrepreneurial québécois. Savoir que les femmes et les personnes immigrantes sont les plus présentes parmi les nouveaux entrepreneurs nous montre que nous sommes dans la bonne voie pour devenir un écosystème plus diversifié et inclusif. Néanmoins, le taux d’entreprises fragilisées est le double chez les entrepreneurs immigrants. Il faut donc redoubler d’efforts pour mieux les accompagner et enlever les barrières qui les empêchent d’avoir accès à l’ensemble des soutiens offerts par l’écosystème. »
Luis Cisneros, directeur de la base entrepreneuriale et de l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale – HEC Montréal

 

« Léger est heureuse de collaborer avec Réseau Mentorat à nouveau cette année pour l’Indice entrepreneurial québécois, qui se veut plus inclusif que jamais. Malgré une légère baisse au niveau des taux d’intentions et de démarches, l’écart homme-femme est aujourd’hui minime. Également, les personnes issues de l’immigration sont celles qui affichent les taux les plus élevés. Avec un taux de propriétaires stable et une légère baisse au niveau des fermetures, les perspectives d’avenir demeurent positives pour l’entrepreneuriat québécois. »
Christian Bourque, vice-président exécutif et associé, Léger

 

Méthodologie de l’étude

Pour établir les taux de la grande chaîne entrepreneuriale (intentions, démarches, propriétaires/dirigeants, fermetures), 19 513 répondants ont été sondés. Pour un échantillon probabiliste de 19 513 répondants, la marge d’erreur maximale aurait été de ± 0,7 %, 19 fois sur 20. Le sondage est ensuite composé de deux grands volets.

 

Volet A — Grand public issu du panel Web de Léger (sondage du 23 novembre 2021 au 6 janvier 2022) 6 228 répondants à travers la province, dont 3 376 étaient impliqués (dont 551 personnes issues de l’immigration) à l’une ou l’autre des étapes du processus entrepreneurial, que ce soit dans la chaîne traditionnelle ou en économie sociale. Pour un échantillon probabiliste de la même taille, la marge d’erreur aurait été de ± 1,2 %. Le rapport dévoilé le 31 mars 2022 portera toutefois sur les répondants s’identifiant à l’économie traditionnelle. Un rapport sur les personnes issues de l’économie sociale sera publié en mai 2022.

 

Volet B – Propriétaires et dirigeants issus des réseaux des partenaires collaborateurs de l’Indice (sondage Web du 23 novembre 2021 au 2 février 2022)

624 propriétaires d’entreprise ou dirigeants d’une entreprise de l’économie sociale (dont 84 personnes issues de l’immigration) pouvant s’exprimer en français ou en anglais. La collecte de données s’est déroulée du 23 novembre 2021 au 2 février 2022. Pour un échantillon probabiliste de la même taille, la marge d’erreur maximale aurait été de ± 3,9 %, 19 fois sur 20.

 

Renseignements pour HEC Montréal

Émilie Novales
Conseillère principale en relation avec les médias, HEC Montréal
438 520-3536
emilie.novales@hec.ca 


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