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Enquête sur les impacts de la COVID-19 sur le milieu sportif québécois

Le sport québécois durement frappé par la pandémie

Lundi 9 novembre 2020

Montréal, lundi 9 novembre 2020 - Quand on compare la pandémie actuelle à un tremblement de terre, une majorité des hauts dirigeants du sport québécois ont choisi le chiffre de 8 (et plus) sur 10, pour mesurer l’ampleur de l’impact de la COVID-19 sur leur sport et leur organisation. C’est le premier grand constat de l’Enquête dévoilée aujourd’hui par le Pôle sports HEC Montréal, sur les impacts de la COVID-19 sur le milieu sportif québécois. Au total, 38 organisations ont participé aux entrevues, en provenance de tous les secteurs : les fédérations sportives, les milieux scolaire, universitaire et municipal, le sport olympique, les équipes professionnelles et les grands événements.

« Nous sommes très heureux de cette collaboration unique de l’ensemble du milieu. Les grands acteurs du sport québécois ont participé à hauteur de 97 %, ce qui nous a permis d’avoir une vue de l’intérieur et de brosser un portrait en profondeur de l’état d’esprit et de la situation générale des acteurs du milieu », déclare Éric Brunelle, directeur du Pôle sports HEC Montréal.


Des effets négatifs pour les athlètes : anxiété, performance et motivation

En raison de l’annulation des nombreux Championnats provinciaux, canadiens et internationaux et de l’interruption des programmes réguliers d’entraînement, les spécialistes craignent des effets négatifs à court et moyen termes sur les performances futures de nos athlètes québécois, notamment au niveau international, car plusieurs pays vivent des retours au jeu plus hâtif Face à l’incertitude des prochains mois, une bonne proportion des répondants nous ont parlé d’anxiété, de baisse de motivation et même, dans certains cas, de risque d’abandon chez leurs athlètes.


Recul possible de 5 à 10 ans pour le sport organisé

Toutes les organisations ont affirmé entrevoir une baisse d’inscriptions en 2020. Une majorité prévoit une réduction de 20 à 40 %, ce qui signifierait, un recul de 5 à 10 ans.

Même phénomène du côté des revenus, où 82 % des participants à l’enquête prévoient aussi une baisse importante des revenus, allant jusqu’à 90 % dans quelques cas.

De plus, plusieurs disciplines du sport organisé vivaient un momentum exceptionnel de popularité et de développement, et la pandémie est venue freiner cet élan de façon brutale. Plusieurs s’inquiètent du lien de confiance à rebâtir avec les jeunes et leurs parents, en raison des craintes reliées à la COVID-19.

La bonne nouvelle au chapitre de la participation : la recrudescence, en temps de pandémie, de la pratique libre des activités physiques individuelles comme la marche, le vélo, le jogging, le golf et le tennis.


Période très difficile pour l’événementiel et les équipes professionnelles

Tous les événements-phares ont été annulés et toutes les équipes professionnelles ont dû cesser leurs activités locales devant spectateurs. Tous les intervenants vivent en pleine incertitude face à l’inconnu de la reprise des activités de rassemblements en 2021, et conséquemment, ont beaucoup d’inquiétude quant à la future viabilité financière de leurs entreprises. Plusieurs répondants ont fait part de l’impératif d’une collaboration et d’une aide gouvernementale pour la relance de ce secteur.


Un besoin de se professionnaliser

Si la pandémie a frappé et continue de frapper fort, l’Enquête du Pôle sports a permis aux dirigeants du sport québécois de faire ressortir plusieurs enseignements : la volonté de mieux se concerter afin que l’industrie du sport parle d’une voix plus unie et plus forte, le besoin de professionnaliser leur mode de gestion et d’adopter de nouvelles approches comme le télétravail, ou encore la priorisation de la dimension humaine et l’amélioration de leurs communications internes autant qu’externes.

D’ailleurs 75 % d’entre eux ont constaté qu’ils avaient réussi à améliorer leurs relations et leur leadership, créant ainsi une meilleure perception de leur rôle et de leur image. Somme toute, la distanciation a rapproché le milieu sportif québécois. 


Pistes de réflexion

À l’occasion du webinaire de présentation des premiers résultats de l’Enquête tenu aujourd’hui, les responsables de l’Enquête Éric Brunelle et Richard Legendre ont exposé plusieurs pistes de réflexion pour le milieu sportif québécois :

  • Quels moyens concrets doit-on prendre pour assurer une concertation élargie et permanente de l’ensemble des secteurs de l’industrie du sport québécois?
  • Comment peut-on aider le sport québécois à passer au travers de cette crise, mais aussi à générer une véritable relance?
  • Enfin, comment peut-on collectivement mieux prioriser le sport de façon durable?

« Le sport a beaucoup souffert et souffre encore beaucoup de cette pandémie. Mais il a eu l’élégance de ne pas trop le montrer. Le sport québécois a fait preuve d’un très grand esprit d’équipe depuis 8 mois en matière de responsabilité sociale. Il aura besoin de bénéficier de tout autant de solidarité pour la relance de son avenir », a conclu Richard Legendre, directeur associé du Pôle sports.


À propos du
Pôle Sports HEC Montréal

Créé à l’automne 2019, le Pôle sports HEC Montréal est une nouvelle unité de recherche et de transfert de connaissances de l’École. Ce pôle souhaite devenir le point de jonction entre le milieu sportif et le milieu académique en contribuant activement et positivement à l’écosystème sportif. Le Pôle sports HEC Montréal et tous les professeurs qui y sont associés s’engagent à supporter l’industrie du sport par la réalisation d’activités de recherche et innovation, de formation et de transfert de connaissances.

  

Renseignements
Émilie Novales, conseillère principale en relation avec les médias
emilie.novales@hec.ca
438-520-3536

Source 
Samuel Ouellette, Pôle sport HEC Montréal
samuel.2.ouellette@hec.ca
514-340-1484


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