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État de l'énergie au Québec : remédier à un manque d’information inquiétant

Alors que des projets innovateurs font évoluer le secteur de l’énergie dans la province, les Québécois achètent des véhicules toujours plus gros, ce qui limite les gains réalisés en efficacité énergétique. Pour atteindre les cibles gouvernementales de réduction de gaz à effet de serre, il faudra des mesures de réorientation et des changements allant bien au-delà des nouvelles installations d’énergie renouvelable. C’est ce que révèle la dernière édition de l’État de l’énergie au Québec, rapport annuel destiné à pallier le manque d’informations accessibles sur ce secteur

UN RAPPORT ANNUEL POUR Y VOIR PLUS CLAIR

La disparité des statistiques québécoises et canadiennes limite la compréhension de l’état du secteur de l'énergie. Elle compromet également la prise de décisions des acteurs concernés sur une série d’enjeux qui peuvent menacer les équilibres économiques, politiques, sociaux ou environnementaux.

C’est pourquoi la Chaire de gestion du secteur de l’énergie propose depuis 2015 un rapport annuel destiné tant aux acteurs du milieu qu’à la population. Ce rapport s'enrichit chaque année de nouveaux outils et de données inédites. Cette présentation cohérente des données disponibles les plus récentes est aussi une occasion de tirer des signaux d'alarme et de faire des recommandations aux gouvernements fédéral et provincial.

UNE MINE D’INFORMATIONS ACTUALISÉES

  • La COVID-19 a eu un effet significatif à la baisse de consommation d’énergie au Québec en 2020, mais la reprise de l’activité a fait remonter les niveaux. Les chocs ont été les plus forts pour les produits pétroliers : de juillet à septembre 2020, les ventes pour l’ensemble du Canada étaient de 15 à 20 % inférieures à celles de l’année précédente.
  • Malgré la pandémie, les ventes de véhicules sont restées sur leur trajectoire des dernières années : plus de VUS et autres camions légers (+284 % entre 1990 et 2019), moins de voitures (-29 % entre 1990 et 2019). Les ventes de véhicules électriques ont augmenté et représentaient 6 % des ventes totales en 2019.
  • Une fracture régionale s’est produite. Le nombre de véhicules par 1000 habitants a augmenté de 5 % à 12 %, dans les régions moins urbaines du Québec, entre 2010 et 2019. Mais l’augmentation reste sous les 5 % à Montréal, à Laval et dans la Capitale-Nationale. Les ventes de carburant par personne ont diminué dans ces trois régions, mais elles ont augmenté dans toutes les autres régions du Québec.

  • Depuis 2015, les approvisionnements en pétrole canadien et américain ont considérablement augmenté. En 2020, on estime qu’environ 46 % provenaient de l’Ouest canadien et 54 % des États-Unis.
  • La biométhanisation progresse au Québec, de nouvelles usines de biocarburant sont prévues et plusieurs projets impliquant l’hydrogène vert sont en préparation. Ces projets ne suffriront pas pour soutenir la lutte contre les changements climatiques.

UN ACCÈS STRUCTURÉ AUX DONNÉES

Pierre-Olivier Pineau
« Bien que le Canada soit le cinquième producteur d’énergie au monde, nous ne disposions pas d’un accès global et structuré aux données concernant ce secteur. C’est pour cela que nous avons lancé l’État de l’énergie au Québec.
Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie.

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