Cendrine Browne : Diplômée, olympienne, entrepreneure sociale
Alors qu’elle menait une carrière de skieuse de fond au plus haut niveau, Cendrine Browne (HEC Montréal 2018) complétait un certificat en gestion d’entreprise à HEC Montréal. Après sa carrière d’athlète et l'obtention de son diplôme, elle met rapidement en pratique ses apprentissages en s’engageant auprès de la relève féminine dans le sport, animée par un désir concret de contribuer au changement.
En 2020, Cendrine fonde Féminaction, un programme visant à augmenter la participation des athlètes féminines au Québec et à faire évoluer les mentalités vers une plus grande équité des sexes dans le sport.
Son passage à HEC Montréal a nourri cette vision, tout comme son expérience au sein d’Équipe Canada, où elle continue de faire rayonner des valeurs de leadership, d’équité et de dépassement de soi.
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Après avoir représenté le Canada à Pyeongchang 2018, puis à Beijing 2022, le parcours olympique de Cendrine ne s’est pas terminé, il a simplement évolué.
À Milano-Cortina en 2026, elle retrouve les Jeux olympiques d’hiver dans un rôle de soutien, désormais Agente, service aux athlètes auprès d’Équipe Canada. Cette fois, ce n’est plus sur les pistes qu’elle performe, mais en coulisses, où elle accompagne celles et ceux qui s’apprêtent à vivre l’un des moments les plus marquants de leur vie.
Et c’est en direct de l’Italie qu’elle nous a partagé quelques réflexions.
Quels souvenirs gardez-vous de votre passage à HEC Montréal et au Parcours La Relève du Pôle sports, et quelles compétences ou connaissances acquises durant cette période vous servent encore aujourd’hui dans votre carrière?
Je garde de très bons souvenirs! J’ai fait le certificat en gestion d’entreprise pendant que j’étais athlète. Ayant créé un programme qui se nomme Féminaction, avec mon ancienne coéquipière, j’utilise régulièrement les compétences en ressources humaines, marketing et gestion des opérations et logistique apprises au certificat.
Nous organisons des événements 100 % féminins en ski de fond pour répondre aux besoins spécifiques des filles dans un système sportif qui, bien souvent sans intention, ne les prend pas pleinement en compte, afin de favoriser leur rétention par des expériences positives et rassembleuses.
Cette réflexion m’a naturellement menée au programme Parcours La Relève du Pôle sport – Leadership au féminin de HEC Montréal, au sein duquel j’ai intégré des outils concrets en gouvernance au féminin. Ce parcours m’a permis de développer mon identité de leader, d’élargir mon réseau, d’expérimenter le co-développement et d’approfondir des enjeux liés à l’avancement des femmes en sport.
Aujourd’hui, je poursuis cet engagement chez Égale Action, un OBNL dédié à la progression des filles et des femmes en sport et à l’accompagnement de leur plein potentiel.
Quel est votre coup de cœur de votre séjour aux JO jusqu'à maintenant?
Mon plus grand coup de cœur jusqu’à maintenant est sans aucun doute le travail d’équipe au sein de l’équipe de mission. Chacun joue un rôle bien défini, et nos responsabilités sont complémentaires. Cette collaboration harmonieuse nous permet de nous appuyer les uns sur les autres et d’offrir la meilleure expérience possible à nos athlètes canadiens et canadiennes.
Qu’avez-vous trouvé le plus transformateur dans votre transition du rôle d’athlète à celui de membre de l’Équipe Canada aux Jeux Olympiques d’hiver Milano-Cortina 2026?
En tant qu’ancienne athlète, je comprends ce que les athlètes vivent. Je peux donc les soutenir dans cette expérience, les conseiller ou les mentorer si tel est leur besoin. Je suis aussi à l’affût de leur état d’esprit et suis disponible si jamais ils/elles souhaitent parler. Je m’assure qu’ils/elles se sentent soutenus dans leur expérience olympique, quellle qu’elle soit.
Qu’est-ce qui vous a motivée à cofonder Féminaction, et quels enjeux concrets souhaitez-vous contribuer à transformer pour les athlètes féminines au Québec?
Au cours de mon parcours d’athlète, j’ai été confrontée à plusieurs inégalités en tant que femme. Ma coéquipière et moi avons également constaté qu’à mesure que nous avancions en âge, le nombre de filles sur les lignes de départ diminuait. Nous en sommes venues à la conclusion que l’offre de services au Québec ne répondait pas adéquatement aux besoins des adolescentes en ski de fond.
Nous avons donc décidé de passer à l’action en créant Féminaction.
Féminaction, c’est la création d’espaces 100 % féminins où les skieuses peuvent se rassembler, socialiser avec des filles provenant de partout au Québec, tisser des liens durables, partager leurs connaissances et développer leurs compétences.
Notre objectif est clair : transformer leur expérience sportive pour la rendre plus positive et engageante, afin qu’elles aient envie de poursuivre leur parcours en ski de fond.
Quel message aimeriez-vous transmettre aux gestionnaires et dirigeant(e)s sportifs au sujet de l’égalité dans le sport?
L’équité en sport devrait être considérée avec la même rigueur et la même priorité que la sécurité.
L’expérience sportive des filles est également essentielle : leurs réalités et leurs besoins doivent être pleinement pris en compte. Si nous voulons contrer l’abandon sportif chez les filles, assurons-nous qu’elles évoluent dans des environnements où elles se sentent reconnues, soutenues et réellement à leur place.
