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Marie-Claude Léonard : au volant de la mobilité durable

JOUR DE LA TERRE

20 avril 2023

Marie-Claude Léonard (HEC Montréal 1999) a fait ses 1ers pas à la Société de transport de Montréal (STM) comme commis à la caisse en 1992 et en est maintenant la directrice générale depuis juillet 2022. Après 30 ans à y gravir les échelons, elle demeure tout aussi motivée, mettant son audace et sa capacité à rallier les forces à profit pour que l’organisation prenne sa place de leader de la mobilité durable. 

Alors que les habitudes de déplacement évoluent et que les enjeux de financement amènent la STM à devoir se réinventer, celle qui y a également occupé les postes de directrice, exploitation des stations et directrice exécutive, métro et exploitation des autobus est plus que prête à piloter cette transformation. Il faut dire qu’elle excelle dans la gestion du changement et carbure aux défis, ayant notamment été responsable de la cellule de crise de la STM pendant la pandémie.  

Joueuse d’équipe, elle s’inspire et se nourrit des rencontres quotidiennes avec le personnel et veille en outre à partager son expertise au sein de plusieurs comités, dont au Conseil de direction de l’Union internationale des transports publics.

À l’approche de la Journée de la Terre, la titulaire d’un diplôme d’études supérieures spécialisées en gestion de l’École et d’un baccalauréat en biologie médicale de l’Université de Montréal – qui a aussi réussi le Programme de gestion stratégique à l’intention des cadres supérieurs CIREM-HEC Montréal – nous fait part de sa vision face au développement durable (DD) et du rôle de la STM dans celle-ci. 

TOUT D’ABORD, QUELLE INCIDENCE HEC MONTRÉAL A-T-ELLE EUE DANS VOTRE PARCOURS?

Mon passage à HEC Montréal a été fort utile tout au long de ma carrière et me sert encore aujourd’hui. Il m’a donné de la confiance et de l’assurance ainsi que la base de qui je suis comme gestionnaire.

 

QUELS DÉFIS MAJEURS VOUS ATTENDENT AU SEIN DE LA STM?

Comme directrice générale, dans un contexte postpandémique dans lequel la clientèle a développé de nouvelles habitudes de déplacement et avec l’inflation qui amène une pression constante sur les dépenses d’exploitation et le coût d’exécution des projets, il y a là de grands défis, mais aussi de belles occasions pour faire évoluer l’entreprise.

« C’est dans des situations de gestion du changement que je performe le mieux. Je n’aime pas le statu quo. Je suis stimulée par les défis et, surtout, j’aime travailler en équipe pour qu’ultimement on soit toutes et tous fiers ensemble de nos réalisations. »

 

QUELLES SONT VOS PRIORITÉS POUR VOTRE MANDAT DE 5 ANS?

Nous entrons dans une autre ère. Ma priorité est de bien définir nos objectifs et de donner à mes équipes les moyens de les atteindre. Il est évident que le transport collectif est incontournable pour répondre à la crise climatique. Nous poursuivons le développement de notre offre de service en nous adaptant à la nouvelle réalité. Le prolongement de la ligne bleue vers Anjou en est un exemple de même que l’électrification de notre flotte de bus qui représente une transformation majeure de notre entreprise. L’accessibilité de nos réseaux reste une priorité. En outre, nous devons continuer à entretenir et à moderniser nos infrastructures, car le métro a plus de 50 ans!

Le nerf de la guerre, c’est bien sûr le financement. Les sociétés de transport ont non seulement besoin de combler les déficits engendrés par la pandémie, mais aussi d’avoir des revenus stables et récurrents. Il faut voir le financement du transport collectif comme un investissement et non une dépense. Nous travaillons en étroite collaboration avec les parties prenantes pour arriver à des solutions pérennes.

 

SELON VOUS, QUELLES QUALITÉS ET FORCES SONT NÉCESSAIRES POUR CHANGER LES PRATIQUES EN DD À L’ÉCHELLE DE VOTRE ENTREPRISE ET, ULTIMEMENT, DE LA SOCIÉTÉ?

« L’une des 1res qualités, c’est l’audace : oser requestionner nos façons de faire, nous ouvrir aux nouvelles technologies; en somme, oser nous adapter et voir plus loin. Notre plus grand atout, c’est le capital humain. Nous entourer de gens passionnés et dynamiques, travailler en collaboration, mettre en commun nos expertises et nos forces, c’est ce qui nous fait évoluer et réussir. Pour ce faire, la communication est prioritaire, il faut avoir une approche transparente et humaine. »

 

QUELS DÉFIS, FREINS ET POINTS DE VIGILANCE ENTREVOYEZ-VOUS EN MATIÈRE DE DÉVELOPPEMENT ET DE MOBILITÉ DURABLES POUR LES ORGANISATIONS D’AUJOURD’HUI ET COMMENT COMPTEZ-VOUS Y FAIRE FACE?

Je lancerais tout d’abord un 1er défi à toutes les organisations : encouragez, voire incitez votre personnel à utiliser le transport collectif. Nous travaillons d’ailleurs à le rendre plus attractif pour avoir une plus grande incidence sur les changements climatiques. Par ailleurs, nous avons pris l’engagement d’atteindre la carboneutralité de nos opérations d’ici 2040.

Le point de vigilance est assurément la pénurie de main-d’œuvre, et je souhaite que le financement ne soit pas un frein pour qu’on ait les moyens de nos ambitions.

 

QUELLE EST VOTRE VISION D’AVENIR EN MATIÈRE DE MOBILITÉ DURABLE?

Bien sûr, je vois la STM comme une leader de la mobilité durable. Avec l’électrification, l’augmentation des voies réservées et les mesures préférentielles pour les autobus, l’adaptation du réseau aux nouvelles réalités de déplacements, il y a un potentiel pour que la population choisisse de plus en plus le transport collectif.

Je mise beaucoup sur l’expertise de notre personnel pour réussir cette vision d’avenir et faire en sorte que la STM soit plus humaine, performante et durable. Un réseau attractif et fréquent, développé en complémentarité avec les autres modes de transport, est la clé pour avoir une incidence majeure sur la qualité de vie et pour contrer la crise climatique. Afin d’y arriver, il faut que chaque individu pose les gestes en conséquence et adopte de nouveaux comportements.

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