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Santé connectée : qui sont les utilisateurs?

Quelque 2/3 des adultes canadiens mesurent régulièrement un ou plusieurs aspects de leur santé alors que la multiplication des dispositifs numériques suscite l’émergence d’un mouvement de quantification de soi, très marqué chez les milléniaux. Un partenariat de recherche impliquant la Chaire de recherche en santé connectée – HEC Montréal livre de nombreux enseignements sur ce phénomène qui pourrait contribuer à l’amélioration de la santé de patients atteints de maladies chroniques.

LA QUANTIFICATION DE SOI, PHÉNOMÈNE MÉCONNU

De nouveaux appareils portables grand public nous promettent de vivre plus sainement : dispositifs de suivi d’activité physique, brosses à dents ou vêtements intelligents. Dans le même temps émerge un phénomène de quantification de soi, qui consiste à utiliser ces objets connectés afin de mieux se connaître en collectant et en analysant des données relatives à la santé et au bien-être. Au point que de nombreux experts estiment que la montée en puissance de ces outils sera la prochaine révolution en matière de santé numérique.

Toutefois, les recherches consacrées à ce mouvement n’en ont donné qu’un aperçu limité. Les chercheurs ont donc réalisé une première en effectuant un sondage auprès de plus de 4000 adultes canadiens, en vue de comprendre ce phénomène émergent.

DES ENSEIGNEMENTS ÉCLAIRANTS

  • 61 % des répondants qui mesurent un ou plusieurs aspects de leur santé utilisent des dispositifs numériques.
  • Ils mesurent principalement l'activité physique (51 %), la nutrition (33 %) et les habitudes de sommeil (29 %). Les outils les plus populaires sont le moniteur de suivi de la condition physique et la montre intelligente.
  • Ces self-trackers numériques sont généralement des adultes jeunes ou matures, se déclarant en bonne ou très bonne santé, avec un emploi, ayant effectué des études universitaires, et disposant d’un revenu familial annuel de plus de 80 000 CAD.
  • La grande majorité des utilisateurs de ces technologies en sont très satisfaits (83 %) et 88,2 % ont l'intention de continuer à les utiliser.
  • Plus des 2/3 d'entre eux ont indiqué que les appareils numériques intelligents leur avaient permis de maintenir ou d'améliorer leur état de santé et d'être mieux informés de leur état de santé en général.
  • 1/4 ont déclaré avoir cessé d’utiliser leurs outils connectés, essentiellement en raison d’une perte d’intérêt. On constate que ce mouvement d’abandon est plus marqué chez les usagers qui avaient décrit leur état de santé comme médiocre ou passable.

PERSPECTIVES POUR LES POLITIQUES DE SANTÉ ET LA MÉDECINE

  • Les résultats de cette étude fournissent des informations de base importantes qui guideront les recherches à venir sur l’évolution du phénomène de quantification de soi au Canada et ailleurs dans le monde. Ils pourraient éclairer les politiques et les efforts futurs en ce qui concerne l’incorporation des dispositifs numériques comme outils de soutien aux patients.
  • Les technologies de soins connectés pourraient notamment bénéficier aux personnes atteintes de maladies chroniques, mais la question reste de savoir si elle se répandra largement, au-delà des adeptes précoces. De nouvelles études pourraient chercher à identifier les obstacles que les patients, en particulier les malades chroniques, rencontrent lorsqu'ils s'autosurveillent à l'aide de technologies de soins connectés.

UN NOUVEAU CHAMP DE RECHERCHE

« Les chercheurs devront poursuivre l’examen de ces questions afin de mieux comprendre comment les technologies de santé connectée peuvent servir la médecine en général, mais aussi la prévention et la gestion des maladies chroniques.
Guy Paré, titulaire de la Chaire de recherche en santé connectée

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