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Avis sur le terme Professionnèle

Le dossier de consultation soumis [de Céline Labrosse] est étoffé et bien documenté. L’argumentation qui y est présentée est convaincante en ce qui a trait à l’adoption d’une appellation épicène (appellation dont la forme est identique au masculin et au féminin). Il est évident qu’une appellation épicène présenterait de nombreux avantages et permettrait d’alléger la dénomination de la fédération à laquelle le SPUQ est affilié.

En effet, le titre épicène est économique, car il peut servir aussi bien de titre féminin que de titre masculin et permet d’éviter le dédoublement – toujours très lourd – et la troncation, fastidieuse autant que déconseillée.

Un choix risqué

Si la proposition d’une forme épicène est intéressante, par contre, l’innovation préconisée à titre de dénomination, soit le mot professionnèle, est de nature à heurter la conscience linguistique des Québécois, même si ceux-ci se sont révélés particulièrement réceptifs en matière de féminisation des titres et d’adoption de néologismes.

On peut se demander s’il est opportun qu’une fédération de syndicats prenne l’initiative de créer un néologisme, à la forme très audacieuse de surcroît, pour ses besoins propres. Il est permis d’en douter et de craindre que cette décision soit très controversée, aussi bien auprès des membres du syndicat que de la population. À mon avis, ce choix risqué pourrait nuire à la cause de la désexisation des textes. La réaction négative qu’on peut appréhender pourrait compromettre les efforts louables de l’UQAM qui a toujours été un chef de file en ce domaine.

Un anglicisme

La dénomination actuelle de la fédération à laquelle le SPUQ est affilié comprend le nom professionnel au féminin et au masculin. Dans un avis de recommandation publié à la Gazette officielle du Québec le 28 avril 1990, l’Office de la langue française (OLF) souligne que « le terme professionnel utilisé pour désigner une personne dont les études supérieures lui permettent d’exercer, pour son propre compte ou pour le compte d’autrui, une activité à caractère intellectuel ou technique est un anglicisme. On doit lui préférer le terme spécialiste ».

Pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour remplacer le nom professionnel qui est un anglicisme au sens où on l’emploie dans la dénomination de la fédération? De plus, le terme recommandé par l’OLF présente l’avantage d’être épicène; il allégerait donc la dénomination selon l’objectif poursuivi. La désignation de la fédération serait donc : « Fédération des spécialistes du Québec ».

Autres suggestions

Le terme anglais « professional » qui a favorisé l’emprunt sémantique professionnel désigne les membres des professions libérales et des professions de caractère intellectuel. Pour rendre cette idée, on pourrait employer l’expression travailleur intellectuel qui est plus précise que celle de spécialiste, mais qui n’a cependant pas l’avantage d’être épicène. Si l’on optait pour cette expression, il faudrait écrire : « Fédération des travailleuses et des travailleurs intellectuels du Québec ».

On pourrait également considérer le néologisme membre de professions intellectuelles dont la forme est épicène. La désignation de la fédération se lirait ainsi : « Fédération des membres de profession intellectuelle du Québec ».

En conclusion,

L’adoption du néologisme professionnèle est un choix risqué qui pourrait soulever une vive polémique; cette décision serait certainement très critiquée et pourrait même compromettre les efforts de désexisation des textes.

 L’emploi du nom professionnel est fautif; il constitue un anglicisme puisqu’il est utilisé dans un sens qu’il n’a pas en français sous l’influence du mot anglais professional.

La fédération est prête à modifier sa désignation; pourquoi n’en profiterait-elle pas pour la corriger?

Dans un avis de recommandation publié à la Gazette officielle du Québec le 28 avril 1990, l’Office de la langue française préconise le remplacement du nom professionnel par celui de spécialiste.

Les expressions travailleur intellectuel et membre de professions intellectuelles pourraient être également considérées.

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