L'adjectif requis est tout à fait français, rassurez-vous. Son emploi ici au Québec n'a pas subi l'influence néfaste de langues étrangères1. Le seul reproche que l'on puisse lui faire, c'est peut-être d'être trop populaire. En effet, les textes, les travaux, les conversations en sont truffés.
L'adjectif requis, participe passé du verbe requérir, a été adjectivé vers 1160. Qualifiant d'abord un combat acharné, puis une personne distinguée – ce sens a depuis été repris par l'adjectif exquis –, le mot requis a acquis le sens de « demandé, réclamé, convenable » en 1534 (Dictionnaire historique de la langue française). Aujourd'hui, l'adjectif requis signifie : « Demandé, exigé comme nécessaire » (Grand Robert). Il a pour synonymes les mots suivants : nécessaire, exigé, imposé, obligé, prescrit, etc.
Ce terme a donc un sens très fort, voisin de celui d'obligatoire. Certaines situations d'écriture demandent plus de nuance que peut en exprimer l'adjectif requis. Voici quelques suggestions pour varier votre style.
Marie Malo
Coordonnatrice des activités linguistiques à HEC Montréal de 1990 à 2001
1. En revanche, le nom *prérequis est un anglicisme; on le remplacera par préalable.
L'astérisque précède une forme ou une expression fautive, une impropriété.