Item, identifier, référer, voilà autant de mots épuisés par l'usage abusif qu'on en fait, épuisés aussi de porter les nombreux sens qu'on leur prête et qu'ils ne devraient pas avoir. Déjà deux chroniques ont porté sur les mots item et identifier. On s'attaque cette fois-ci au verbe référer.
Ce verbe a deux sens; il signifie d'abord : « faire rapport à, en appeler à », c'est-à-dire « rapporter et soumettre à quelqu'un une chose en lui laissant le soin de décider ». Dans ce sens, le verbe référer est transitif indirect (ce sont les verbes qui répondent aux questions : à qui?, à quoi?, de qui?, de quoi?, etc.) et se construit toujours ainsi : en référer à.
Exemples : En référer à son supérieur pour qu'il tranche. En référer à une assemblée. J'en réfère aux personnes présentes pour qu'elles décident.
Dans son deuxième sens, le verbe référer s'emploie de façon pronominale, se référer à, c'est-à-dire « s'en rapporter à quelqu'un, à quelque chose comme à une autorité, faire mention de quelque chose pour s'en prévaloir, prendre comme référence ».
Exemples : Se référer à un auteur. Se référer à l'expérience d'un ami. Se référer à une loi.
Il est donc clair que les occasions d'emploi du verbe référer devraient être plutôt rares. Or, les conversations, les articles, les lettres et les travaux en sont truffés. Comment se défaire de cette mauvaise habitude? Il suffit de consulter la liste qui suit et de faire preuve d'un peu de bonne volonté et de mémoire…
Pour toute autre question, prière de vous référer au dictionnaire et, en cas de différend, n'hésitez pas à en référer aux spécialistes.
Marie Malo
Coordonnatrice des activités linguistiques à HEC Montréal de 1990 à 2001
L'astérisque précède une forme ou une expression fautive, une impropriété.