On entend souvent dans la bouche des nouveaux entrepreneurs des phrases de ce type :
Précisons tout de suite que ces emplois du verbe partir sont incorrects et qu'ils sont probablement inspirés de l'anglais par symétrie avec le verbe anglais to start qui se construit avec un complément d'objet direct.
| Remplaçons le verbe partir employé improprement dans ces phrases : | |
| *Partir en affaires | s'établir à son compte, lancer son entreprise |
| *Partir une mode | lancer une mode |
| *Partir une association | fonder une association |
| *Partir un magasin, un commerce | ouvrir un magasin, un commerce |
| *Partir une discussion | provoquer une discussion |
| *Partir la journée | commencer la journée |
Il en est ainsi du verbe débuter qui est noté comme intransitif dans les dictionnaires. Cette catégorie grammaticale indique que le verbe ne peut avoir de complément d'objet direct. Ainsi, on peut dire qu'un exposé débute par une introduction, mais non que *l'introduction débute l'exposé. Si l'on tient à construire la phrase avec un complément d'objet direct, on remplacera débuter par commencer, par exemple : commencer un travail (et non *débuter un travail).
Quant au verbe démarrer, son emploi transitif est maintenant admis (exemple : démarrer une recherche), mais il est signalé comme familier dans Le Petit Larousse illustré 1998; nous pouvons donc employer ce verbe avec un complément d'objet direct dans la langue courante, mais pas dans un texte de niveau soutenu.
À l'avenir, ne partons donc pas à l'anglaise!
Marie-Éva de Villers
Chercheuse agrégée
Directrice de la qualité de la communication à HEC Montréal et auteure du Multidictionnaire de la langue française, du Multi des jeunes et de La Grammaire en tableaux
L'astérisque précède une forme ou une expression fautive, une impropriété.