Les calques sont des traductions littérales d'expressions d'une autre langue. Au Québec, les francophones écrivent en français certaines expressions anglaises en adoptant syntaxe et vocabulaire anglais plutôt que d'employer l'expression française1. Ainsi, s'inspirant de l'anglais to apply for a job, on dit à tort ici *appliquer pour, sur un poste alors qu'en français on dira plutôt : faire une demande d'emploi, postuler un emploi, présenter sa candidature à un poste.
Bien que depuis 25 ans nous ayons fait des progrès remarquables en matière linguistique, il reste que les calques sont difficiles à repérer et à corriger. Ainsi en est-il du terme fautif *à l'effet que qui, malgré son allure française, est un vilain calque de l'expression anglaise to the effect that qui veut dire « qui assure que, prétendant que, voulant que » et « qui établit, qui ordonne que, qui statue sur ».
L'expression *à l'effet que peut être remplacée par les termes suivants, selon le contexte : suivant lequel, selon lequel, d'après lequel, voulant que, établissant que, etc.
Voici quelques exemples de constructions proposées :
Il est à noter cependant que l'expression à cet effet au sens de « en vue de cela » est correcte :
Ex. : Nous devrons mettre à jour la banque de données; à cet effet, nous devrons recruter un analyste.
Marie Malo
Coordonnatrice des activités linguistiques à HEC Montréal de 1990 à 2001
1. Il ne faut pas se leurrer, la même chose peut être dite d'autres communautés linguistiques, par exemple les anglophones du Québec : « The most marked feature of local English [in Quebec] is the influence of French [...] Anglophones who speak French constantly use such loan expressions as : give a conference give a lecture (from donner une conférence), sc(h)olarity schooling (from scolarité), [...] » (The Oxford Companion to the English Language).
L'astérisque précède une forme ou une expression fautive, une impropriété.