Même si les dictionnaires courants proposent indifféremment les expressions prix de revient et coût de revient, ces termes ne sont pas tout à fait interchangeables. Les économistes nous enseignent que le prix résulte de la rencontre de l'offre et de la demande. L'établissement d'un prix requiert donc au moins trois éléments distincts :
Le producteur et l'utilisateur échangeront ce bien ou ce service à un prix déterminé, un prix qui exprime la valeur marchande de ce bien ou de ce service et qui convient aux deux parties. En l'absence de cet accord, l'échange est impossible et le prix demeure théorique.
On devrait limiter l'emploi du mot prix aux transactions comportant un échange avec l'extérieur puisque ce terme désigne la « somme d'argent réclamée, proposée ou obtenue en échange de la vente d'un bien ou de la prestation d'un service » (F. Sylvain, Dictionnaire de la comptabilité et des disciplines connexes). Le « coût, pour l'agent économique, du bien ou du service qu'il produit » sera donc un coût de revient, et non un prix de revient (Y. Bernard et J.-C. Colli, Dictionnaire économique et financier). En effet, l'expression coût de revient désigne tout ce qu'a coûté un produit au stade final, distribution comprise : il est donc strictement interne et ne s'applique pas à un échange, à une transaction de l'entreprise avec l'extérieur.
En conséquence, l'expression cost accounting se traduira par comptabilité des coûts de revient ou comptabilité analytique (d'exploitation). D'ailleurs, la 3e édition du Dictionnaire de la comptabilité de l'ICCA nous indique que l'expression coût de revient a désormais remplacé l'expression traditionnelle prix de revient.
Marie-Éva de Villers
Chercheuse agrégée
Directrice de la qualité de la communication à HEC Montréal et auteure du Multidictionnaire de la langue française, du Multi des jeunes et de La Grammaire en tableaux
L'astérisque précède une forme ou une expression fautive, une impropriété.