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| Normand Racine, à l'arrière, entouré des agents Marino Moniz et Marcel Harnois |
Pour remplir sa mission, le Service de sécurité compte, en plus du directeur, onze permanents : huit agents de sûreté, un gardien et une adjointe à l'administration (qui vient de se joindre à l'équipe). En outre, le Service fait régulièrement appel à des agences privées pour le gardiennage et des besoins de sécurité particuliers, par exemple lors d'activités spéciales. Un préventionniste incendie a aussi passé quelques mois au Service afin d'aider à perfectionner les plans d'évacuation, et l'École fera de nouveau appel à ses services à l'occasion.
Le domaine de la sécurité concerne autant les éventualités rares, mais au potentiel dramatique (incendies, alertes à la bombe, etc.), que les détails banals du quotidien d'une institution : la gestion des clés et des cartes d'accès, les premiers soins en cas de blessure mineure ou de malaise, et même les objets perdus !
Normand Racine, qui a notamment été enseignant et formateur pendant sept ans, rappelle que l'importance d'un risque se calcule : c'est « le produit de la possibilité et de la conséquence, chacun étant exprimé sur 10 ».
C'est pourquoi l'alerte à la bombe, lors du dernier jour d'examens l'été dernier, a entraîné une réponse globale et rapide, coordonnée avec les services policiers. Même s'il s'agissait, selon toute vraisemblance, d'un canular, le directeur de la sécurité ne voulait courir aucun risque. D'autant, rappelle-t-il, que le G20 venait tout juste d'avoir lieu et que divers incidents avaient été signalés.
Heureusement, ces situations sont exceptionnelles. Grâce à la situation géographique des édifices et aux caractéristiques de la clientèle de l'École, la gestion des risques, à HEC Montréal, repose en grande partie sur la prévention. « Les équipes de certains de mes homologues d'autres universités ont un rôle plutôt répressif à jouer. Ce n'est pas notre cas, dit le directeur. Nous faisons beaucoup de service à la clientèle et avons la possibilité d'intégrer et d'exploiter les technologies dont nous disposons. »
La prévention des risques à l'École porte sur des éléments humains, techniques et, plus rarement, naturels. « Pour prévenir les risques humains, de nombreuses caméras sont en place et les agents sont spécialement formés à reconnaître les comportements suspects », dit Normand Racine.
Les risques techniques (pannes, incendies, etc.) font l'objet d'une surveillance serrée, grâce à de multiples capteurs situés à divers points de surveillance. De plus, les agents effectuent des rondes régulières afin de déceler toute anomalie potentielle.
Quant aux risques naturels, ils sont le plus souvent liés à… la météo : au premier chef, les tempêtes de neige, qui pourraient éventuellement forcer la fermeture de l'École. De mémoire récente, seule la crise du verglas, en 1998, a eu temporairement raison de l'École. Mais le Service de sécurité est toujours prêt à mettre en œuvre un plan global en cas de problème.
Les postes de contrôle, aux édifices Decelles et Côte-Sainte-Catherine, sont en « miroir » afin d'assurer une redondance des systèmes, ce qui accroît la sécurité. Si l'un des postes n'était plus fonctionnel, l'autre pourrait contrôler tous les systèmes d’accès et d'alarmes intrusions. Chacun des postes a également accès aux réseaux de communication pour l'ensemble des deux édifices et recevra d’ici peu les images de toutes les caméras de sécurité de HEC Montréal.
Dans la gestion globale du risque, le volet des incendies est primordial, mentionne Normand Racine. C'est pourquoi il a instauré des exercices d'évacuation plus fréquents. Ceux-ci ont maintenant lieu deux fois l'an – à l'automne et au printemps – parce que la population de l'École se renouvelle constamment : nouveaux étudiants, nouveaux enseignants et chargés de cours, nouveaux employés.
Au printemps 2010, un exercice a eu lieu deux semaines après la fin d'un cycle de formation donnée à la centaine de membres de l'équipe des mesures d'urgence, qui sont des bénévoles issus de toutes les unités organisationnelles de l'École. L'équipe a reçu une rétroaction sur cet exercice au cours de l'été.
Un autre exercice a eu lieu au début de l'automne. Cette fois-ci, les bâtiments étaient occupés à pleine capacité (alors qu'ils ne l'étaient qu'à 50 % lors de l'exercice du printemps). L'analyse détaillée sera communiquée à l'équipe avant les Fêtes, mais on peut d'ores et déjà mentionner que l'évacuation a pris deux minutes de moins qu'au printemps, entre autres grâce à une signalisation améliorée. Chapeau !
Le réseau d'alarme incendie a été entièrement inspecté au cours de l'été, afin de s'assurer que le timbre (d'abords lent, pour attirer l'attention, puis rapide, pour signaler l'obligation de quitter les lieux) était audible en tout lieu. Le même réseau peut aussi servir à diffuser des messages vocaux.
Le Service examine par ailleurs la mise en place d'un système de communication de masse afin de pouvoir communiquer par le réseau téléphonique et de moduler les messages et leur distribution en cas de besoin. Le projet est bien avancé, mais le directeur préfère, de façon bien compréhensible, demeurer discret sur les détails.
L'École accueille régulièrement des dirigeants d'entreprise, des dignitaires et des politiciens pour diverses activités. Cette réalité amène Normand Racine et son équipe à une grande vigilance. Le Service suit de très près l'actualité et collabore étroitement avec la Direction des communications afin de prévoir une sécurité adaptée en fonction des activités dont l'École est l'hôte.
Le jour de l'événement, les membres du Service de sécurité, avec, au besoin, des membres de corps policiers ou d'agences, se tiennent à l'affût afin de prévenir tout incident qui pourrait ternir la réputation ou l'image de l'École. « Vous remarquerez certains d'entre nous, mais vous ne nous verrez pas tous; nous pouvons nous faire très discrets pour garder un œil plus qu'averti sur tout ce qui se passe », dit malicieusement Normand Racine, qui a une longue expérience dans le domaine de l'enquête, notamment à la Régie du bâtiment du Québec et à la Société immobilière du Québec.
En fait, la sécurité, Normand Racine est tombé dedans quand il était petit. « Papa était officier de la prévention des incendies à la Ville de Montréal », confie-t-il à la fin de l'entrevue. « Il était très calme, mais il nous a habitués à toujours analyser notre environnement – notamment à repérer les issues de secours. Ça agace ma fille, mais je fais la même chose avec elle aujourd'hui », dit-il en riant.
Le directeur de la sécurité de l'École a visiblement retenu la leçon et hérité du tempérament paternel. Rassurant de l'avoir à ses côtés !