Lyse Charette est entrée en fonction à la tête de la Fondation HEC Montréal le 3 mai dernier, après avoir fait carrière dans le secteur privé. Avocate, elle a étudié à HEC Montréal pendant qu'elle exerçait le droit dans un grand cabinet juridique de Montréal. Elle a obtenu son MBA en 1999 tout en occupant des postes de responsabilité liés au développement des affaires et au marketing de ce cabinet. Elle a ensuite œuvré huit ans au sein d'un transporteur aérien national, notamment à titre de première directrice et adjointe au président et chef de la direction.
Mais elle n'a jamais oublié son alma mater et, lorsque l'occasion d'y revenir s'est présentée, elle l'a saisie. « J'avais le goût de contribuer à la société, explique-t-elle simplement. Le fait d'être mère de grands adolescents et de vouloir leur laisser en héritage un milieu de vie plus riche a certainement compté dans ma décision de venir travailler pour la Fondation. »
Le mandat de Lyse Charette ? Donner un nouvel essor aux activités de financement de la Fondation afin d'atteindre l'objectif, fixé par la direction de l'École, de recueillir de 8 à 10 millions de dollars annuellement d'ici 2017.
Le changement d'appellation de l'ancien Bureau de développement, annoncé par le directeur de l'École, Michel Patry, le 2 juin dernier, va d'ailleurs dans ce sens. Une décision prise avant l'arrivée de Mme Charette, mais dont celle-ci est reconnaissante. « Ce nom [Fondation HEC Montréal] est immédiatement évocateur, dit-elle, et facilitera le contact initial lors de nos démarches de sollicitation. »
Pour faire progresser le bilan de la Fondation, la nouvelle directrice n'entend pas nécessairement multiplier les activités de financement. Elle prévoit plutôt agir de façon stratégique et ciblée, en sensibilisant davantage les donateurs actuels et éventuels à la mission de l'École et à son rôle dans la société. Les étudiants seront aussi sensibilisés plus fréquemment à l’existence des donateurs et à l’impact de leur dons sur leur environnement et leur quotidien. Par ailleurs, les diplômés seront davantage appelés à « redonner au suivant ». « Ils sont bien placés pour apprécier la pertinence et l'originalité de la formation offerte à HEC Montréal », souligne la directrice.
Interrogée sur un volet qui lui tient particulièrement à cœur, Lyse Charette mentionne qu'elle compte bien mettre en lumière le rôle crucial des donateurs pour l'École. De fait, leur aide contribue à positionner avantageusement HEC Montréal dans les classements spécialisés et à obtenir et conserver ses agréments internationaux.
« Il est important de faire savoir, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'École, que la qualité et l'avant-gardisme dont le nom HEC Montréal est synonyme dépendent en grande partie de la générosité des donateurs. Beaucoup de gens pensent que le financement public et les droits de scolarité suffisent à faire fonctionner l'École. Ce n'est pas le cas. L'appui des donateurs, petits et grands, est essentiel à l’École pour lui permettre de remplir sa mission et de se distinguer. Pensons seulement aux nombreuses bourses offertes aux étudiants, à l'innovation pédagogique et technologique, au soutien aux activités de recherche, à la qualité exceptionnelle des installations... »
Or, cet appui revêtira une importance encore plus grande au cours des prochaines années. L'École entend conserver la place qui lui revient dans le peloton de tête des grandes écoles de gestion et des meilleures universités du monde entier, dans un contexte où le financement public se raréfie. Le leadership de HEC Montréal est donc nécessairement lié à l'apport des donateurs.
Heureusement, l'École peut compter sur des alliés fidèles. Le Conseil des gouverneurs en est un exemple éclatant. Ses membres, des gens d'affaires très sollicités, choisissent de verser un don de 100 000 $ (au minimum) et de consacrer temps et efforts à l'École, notamment en lui fournissant des conseils stratégiques et en recrutant d'autres gouverneurs. Actuellement au nombre de 32, ils devraient être 50 d'ici douze à dix-huit mois.
Quant à la plus récente campagne de souscription, elle s'est close le 31 mai dernier après avoir récolté 5 millions de dollars. En 2008-2009, on avait recueilli 4,5 millions de dollars.
Les professeurs et le personnel, sollicités au cours des derniers mois, ont eux aussi répondu « présent » de manière tangible pendant cette dernière campagne : plus de 135 000 $ ont été amassés, dont une partie est affectée à des bourses pour les étudiants en difficulté financière. Davantage d’information quant aux dons et aux activités de la Fondation qui contribuent au rayonnement de l’École sera diffusée sur les écrans ADN en cours d’année. Une façon aussi de préparer le terrain auprès des futurs diplômés…
La nouvelle directrice se dit très stimulée par son mandat auprès de la Fondation. Elle reconnaît qu'elle aura beaucoup de défis à relever, mais c'est une situation qu'elle aime et qu’elle a toujours recherchée dans sa carrière, mentionne-t-elle. Du même souffle, elle souligne sa chance d'être entourée par « une belle équipe de gens compétents, vraiment dévoués et enthousiastes face à la mission de la Fondation ». Reconnaître la contribution de chacun, visiblement, vient naturellement à Lyse Charette.