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Contenu MenuJacques Fortin, directeur, Développement durable, a conçu et donné, à l'automne 2009, un cours sans papier. C'est-à-dire un cours réalisé sans aucun échange de papier entre professeur et étudiants — le matériel pédagogique, les travaux, les examens, bref, tout s'effectuant sans papier.
Au moment de concevoir ce projet, le professeur y voyait bien sûr un intérêt environnemental. Mais l'expérience a aussi donné d'autres bénéfices surprenants, notamment pédagogiques. Pour Jacques Fortin, la preuve est faite. Et le il affirme qu'il ne retournerait pas en arrière.
Pour relever ce défi, à l'automne 2009, le professeur a choisi un cours à la logistique particulièrement lourde : Services-conseils en comptabilité publique, obligatoire au D.E.S.S. en comptabilité publique.
Donné à 240 étudiants répartis en 6 groupes, le cours fait intervenir 12 correcteurs et un chargé d'enseignement, en plus du professeur. Il comporte une dizaine d'éléments d'évaluation : deux examens (dont un examen final de cinq heures reproduisant les conditions de l'épreuve uniforme (EFU)), un travail de session (remis en trois versions successives) et plusieurs rapports de cas. Autant de documents à produire, à échanger, à annoter…
D'importants bénéfices « verts »Grâce au mode sans papier, ce groupe-cours a épargné 65 000 feuilles, sans compter les grandes quantités d'eau et d'énergie utilisées dans le processus de fabrication du papier ainsi que l'encre. L'échange électronique de documents a aussi permis d'éviter des déplacements générateurs de CO2. « Si le millier de groupes-cours offerts chaque année l'École étaient sans papier, HEC Montréal préserverait une forêt entière tous les ans », dit Jacques Fortin. L'enjeu est donc de taille. |
Exit le papier. L'enseignant n'apporte en classe qu’une clé USB contenant notes, projections et ressources documentaires. Avantage : si un étudiant souhaite discuter d'un aspect du cours, passé ou à venir, le professeur a toute la documentation sous la main.
L’étudiant, quant à lui, doit avoir son ordinateur en classe. « Et il est plus difficile de s'en servir pour clavarder, quand aucune documentation n'est imprimée et qu'on a besoin de tout l'écran pour suivre le cours », fait remarquer malicieusement Jacques Fortin.
Au lieu d'un recueil de textes imprimés, de simples hyperliens insérés dans le plan de cours électronique donnent accès en ligne aux articles ou à leurs fiches dans le catalogue HECtor. Le seul fait de ne pas imprimer de recueils équivaut à une économie de 45 000 feuilles pour ce seul cours. Avis aux intéressés : la bibliothèque détient les licences pour un vaste corpus de textes, rappelle Jacques Fortin, qui espère que cette pratique prenne de l'ampleur.
Le professeur et ses collaborateurs doivent partager les travaux et examens pour la correction. Or, dans ce cours, les correcteurs, des contractuels externes, n'avaient pas accès au réseau de l'École. On a donc dû utiliser un site web externe de partage de documents. L'an prochain, mentionne Jacques Fortin, grâce au passage de Zone Cours à un nouvel outil, Open Syllabus, les travaux seront versés directement sur le site du cours, où ils pourront être récupérés pour la correction et déposés pour consultation par les étudiants.
Lors des examens, afin de prévenir la tricherie (plagiat, consultation de sources non autorisées, etc.), on a utilisé, en combinaison avec SITEX, le logiciel Securexam Student. Ce programme bloque tous les accès de communication – entre les ordinateurs, vers le Web, et même aux autres fichiers d'un même ordinateur, en plus de sauvegarder constamment le travail de l'étudiant.
Énorme avantage pour le professeur : des copies d'examen toujours lisibles !
La correction, initialement plus laborieuse dans ce nouveau mode, est devenue aussi fluide que la correction manuscrite après une cinquantaine de copies. Un investissement de temps rentable, compte tenu des gains. Les étudiants apprécient cette rétroaction non seulement plus rapide, mais aussi plus approfondie, puisque le correcteur dispose de tout l'espace voulu pour annoter travaux et examens. Et les commentaires de Jacques Fortin sont toujours lisibles (ce qui, admet-il, n'est pas nécessairement le cas avec sa propre calligraphie...) !
On peut voir une entrevue réalisée avec le professeur lors de la plus récente Foire Virtuose, dans la section Pédagogie.
Les étudiants, déjà majoritairement acquis à la cause, ont adhéré avec enthousiasme au projet. Pour leur part, les collaborateurs de Jacques Fortin — les équipes du Service de gestion des technologies de l'information (GTI), de Technopédagogie et du Registrariat, les correcteurs et la secrétaire aux activités professorales du Service de l'enseignement des sciences comptables — étaient portés par un solide engagement à l'égard du développement durable. Le directeur du développement durable souligne que tous ont fait preuve de patience, de détermination et d'ingéniosité pour résoudre les défis techniques et logistiques qui se sont présentés.
Jacques Fortin, quant à lui, ne retournerait pas au mode traditionnel. L'expérience l'a sensibilisé à sa propre consommation de papier, à tel point que qu'il n'a utilisé qu'« une demi-tablette de papier depuis six mois ». Et outre l'économie de temps, d'énergie et de ressources et la satisfaction de contribuer au développement durable, le professeur voit une foule d'avantages connexes à l'adoption de la formule sans papier. Notamment, l'acquisition d'une meilleure connaissance des possibilités de l'ordinateur et de meilleures méthodes de travail, l'optimisation de son système de classement, la familiarisation avec divers outils informatiques et une sensibilisation au défi de la sécurité des données.
Des bénéfices très substantiels et un exercice qui se clôt sur un bilan incontestablement positif !