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La Chaire de gestion du secteur de l’énergie publie l’État de l’énergie au Québec 2016

9 décembre 2015

La Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal publie aujourd’hui sa deuxième édition de l’État de l’énergie au Québec, afin d’apporter un meilleur éclairage sur le secteur.

« Dans le contexte actuel de nouvelle politique énergétique et de lutte contre les changements climatiques, il est inquiétant de voir que les gouvernements n’ont pris aucune mesure pour améliorer les statistiques énergétiques, déplore Pierre-Olivier Pineau, professeur et titulaire de la Chaire. Force est de constater que ces données essentielles à la prise de décision sont dans un piètre état au Québec. Le manque d’accès global et structuré aux données sur l’énergie peut limiter notre compréhension du secteur et entraver le processus décisionnel pour gérer les enjeux rencontrés. »

Par exemple, pour réduire la consommation d’hydrocarbures, qui répond à 51 % de nos besoins en énergie, est-il prioritaire d’électrifier les transports ou de les repenser? « Ces 20 dernières années, souligne le professeur Pineau, le nombre de véhicules au Québec a augmenté de 45 % tandis que la population a connu une hausse de seulement 16 %. Pour prendre les meilleures décisions, il faut avoir ce genre de données à portée de main pour mettre ces enjeux en perspective. »

Destiné tant aux acteurs du milieu qu’à la population, ce bilan annuel rassemble les données les plus récentes et les plus pertinentes sur le secteur de l’énergie. Il propose une rétrospective des faits saillants qui ont marqué l’année 2015 ainsi qu’un aperçu des dossiers à surveiller en 2016. La Chaire y intègre également un outil novateur qui permet de visualiser l’ensemble du système énergétique québécois et d’en évaluer l’efficacité. Des données sur les émissions de gaz à effet de serre (GES), les cibles québécoises et le marché du carbone sont aussi présentées afin de mieux comprendre le contexte dans lequel se déroule la Conférence de Paris sur le climat.

Quelques résultats surprenants :

  • De 1995 à 2013, la consommation totale d’énergie au Québec a augmenté de 10,6 %.
  • De 1997 et 2014, le poids moyen des véhicules personnels a augmenté de 18 %, tandis que la charge totale de marchandises transportées par camions lourds a plus que doublé de 1990 à 2012. Cette croissance fait augmenter la demande de carburants et les émissions de GES liées au secteur du transport.
  • En bâtiment, selon les données, de 1990 à 2012, non seulement le nombre de logements occupés par 1 000 habitants est passé de 366 à 420, mais la taille moyenne des logements a augmenté de 17 %, ce qui annule presque tous les gains d’efficacité obtenus dans le secteur.
  • Le Québec importe actuellement 100 % des sources d’énergie fossile consommées et raffinées sur son territoire. En 2015, plus de la moitié du pétrole brut importé au Québec provenait des États-Unis.
  • En 2013, les ménages ont dépensé directement près de 15 milliards de dollars pour des achats d’énergie, mais près du double pour simplement se déplacer.
  • En 2013, plus de 50 % de l’énergie totale au Québec était perdue et n’apportait aucune valeur ajoutée à l’économie. Le potentiel d’efficacité énergétique est de 22 % en électricité et de 13 % en gaz naturel.
  • Le défi de la réduction des GES est de taille : nous devons réduire de plus de 2 Mt équivalent CO2 par année chaque année d’ici 2020 – le Québec n’a jamais réalisé une telle performance.
  • D’ici 2050, si l’on veut maintenir le niveau actuel d’usage du gaz naturel, il faudra abandonner complètement l’usage du pétrole à des fins énergétiques.

« 2016 sera une année de nouveau départ en énergie : nouvelle politique énergétique, rapport final de l’évaluation environnementale stratégique sur les hydrocarbures, nouvelle politique canadienne de réduction d’émission de gaz à effet de serre et nouvelle approche mondiale dans la lutte contre les changements climatiques, résume le professeur Pineau. Nous avons de grands défis à relever et nous avons les moyens de le faire, mais il y a des lacunes importantes dans les données et les plans d’action pour redresser des tendances problématiques. Une approche plus stratégique et systémique dans la gestion des ressources énergétiques permettrait de tirer profit de notre grand potentiel, ce qui représente une excellente perspective en ces temps de rigueur économique. »


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