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L'expertise de Guy Paré retient l'attention de l'Organisation mondiale de la Santé

8 avril 2011

Le professeur Guy Paré, spécialiste de l'application des technologies de l'information au secteur de la santé, fait partie d'un groupe restreint d'experts invités au siège social de la prestigieuse Organisation mondiale de la Santé (OMS), à Genève. Avec six autres spécialistes provenant de divers pays, il prendra part, les 19 et 20 avril prochain, à une rencontre portant sur l'autogestion des maladies chroniques non transmissibles.

Un enjeu de santé grandissant

Les maladies chroniques non transmissibles  représentent un lourd fardeau pour les systèmes de santé de plusieurs pays. L'incidence des cardiopathies, de l'hypertension artérielle, du diabète ou encore de la maladie pulmonaire obstructive chronique augmente avec le vieillissement de la population. On estime que les personnes âgées représenteront jusqu'à 25 % de la population mondiale d’ici 25 ans. C'est pourquoi l'OMS a fait de la prévention et du traitement des maladies chroniques l'une des pierres angulaires de son programme d'action en matière de santé et de développement. Remarqué par le Dr Ala Alwan, sous-directeur général chargé du volet Maladies non transmissibles et santé mentale, pour la qualité et la pertinence de ses travaux, Guy Paré prendra part à la première consultation technique qui permettra à l'OMS de passer en revue les données probantes afin de produire un rapport établissant des normes et des orientations sur l'autogestion de ces maladies.

L'autogestion, communément appelée patient self-management en anglais, est pressenti comme un enjeu important pour une éducation du patient visant à aider celui-ci à renforcer sa capacité à agir sur les facteurs déterminants de sa santé. « Plus de 70 % des visites à l'urgence et dans des cliniques touchent les maladies chroniques », rappelle le professeur Paré. « Avec la baisse anticipée du nombre de médecins et d'infirmières, il faudra rapidement se tourner vers l'autogestion. » Des études récentes ont montré que l'autogestion pouvait faire diminuer de 7 à 17 % le recours aux services de santé.

C'est principalement du recours à la télésurveillance à domicile et de son rôle dans l’autogestion des maladies chroniques que Guy Paré discutera avec ses collègues internationaux, par le biais de son exposé intitulé : Home telemonitoring support for self care of chronic diseases. La télésurveillance à domicile permet à une infirmière de suivre à distance une cohorte de patients. Cette dernière est avisée automatiquement lorsqu'un patient oublie d'entrer ses données dans le système informatisé, ce qui lui permet de lui téléphoner immédiatement. Des systèmes plus sophistiqués expédient automatiquement des messages d'alerte au patient, des questions additionnelles selon les résultats ou même des capsules d'information adaptées à sa situation.

« Traditionnellement, un patient ne reçoit  la visite de son infirmière qu'aux deux à trois semaines, explique Guy Paré. La télésurveillance à domicile rend possible un suivi quotidien plus étroit, permettant du même coup une intervention au moment opportun. Les conclusions d'études sur le sujet montrent une amélioration importante de la condition clinique des malades chroniques, plus particulièrement chez les asthmatiques, les diabétiques et les hypertendus. Sur le plan de l'autogestion, on observe notamment une meilleure assiduité dans la prise de médicaments et une meilleure compréhension de la maladie de la part des patients. »

Un chercheur reconnu

Titulaire depuis 2004 de la Chaire de recherche du Canada en technologie de l’information dans le secteur de la santé, Guy Paré évolue dans un secteur en pleine croissance, où l'on aborde de plus en plus toutes les facettes de la gestion. Il s'y intéresse depuis le milieu des années 1990 et est convaincu que l'intégration des technologies de l'information dans ce secteur peut aider considérablement autant les professionnels de la santé que les patients eux-mêmes.

Guy Paré n'en est pas à sa première distinction. Il est l'auteur principal ou le coauteur de plus de 50 articles publiés dans des revues avec comité de lecture et a présenté autant de communications lors de congrès à caractère scientifique et professionnel. En 2006, il a été l’un des récipiendaires du Associate Editor Developmental Award décerné par la revue MIS Quarterly, une revue scientifique figurant dans la liste des revues du Financial Times. Il a aussi été chercheur invité à l’Agence d'évaluation des technologies et des modes d'intervention en santé du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec en 2007-2008. Il est actuellement membre du comité de rédaction de deux revues spécialisées du domaine de l’informatique médicale et  membre du comité consultatif sur la télésanté d’Inforoute Santé Canada.

Avec sa collègue Sara Ahmed, de la Faculté de médecine de l'Université McGill, Guy Paré a obtenu récemment deux importantes subventions des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) totalisant près de  225 000 $. Ces subventions permettront entre autres de développer un portail web santé pour les patients atteints d’asthme et d’évaluer l'adoption de cet outil clinique informatisé, l'usage que les patients en font, leurs préférences et leur intérêt à adopter le portail pour mieux gérer leur santé. Les chercheurs espèrent déterminer le type de contenu clinique que les patients préfèrent pour les aider à adopter des comportements de santé appropriés, à adhérer à leurs traitements et à prendre des décisions judicieuses.

Organisation mondiale de la Santé (OMS)

Fondée en 1948, l’OMS est l’autorité directrice et coordonatrice, dans le domaine de la santé, des travaux ayant un caractère international au sein du système des Nations Unies. Elle est chargée de diriger l’action sanitaire mondiale, de définir les programmes de recherche en santé, de fixer des normes et des critères, de présenter des options politiques fondées sur des données probantes, de fournir un soutien technique aux pays et de suivre et d’apprécier les tendances en matière de santé publique.


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