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Plus d’information est-il synonyme de plus de communication?

10 février 2017

En 2017, l’information est partout. Nous n’avons aucun répit, notre téléphone intelligent vibre ou sonne sans arrêt. La terre entière veut nous communiquer ses dernières nouvelles. L’Homme croule sous l’abondance des messages. Mais cette abondance d’informations est-elle synonyme de communication? Le sociologue français Dominique Wolton nous répond : « Informer n’est pas communiquer et communiquer n’est pas transmettre. »

La communication existe depuis que l’homme a ressenti le besoin de partager et de mettre en commun des biens, des émotions et des idées; pour ce faire, il a créé et perfectionné un nombre infini de langages. Au XXe siècle, l’arrivée du langage informatique et la venue d’Internet ont changé la donne. Les événements, opinions ou émotions qui auparavant appartenaient à la sphère privée de nos vies, se retrouvent aujourd’hui dévoilés sur Facebook, Twitter, LinkedIn ou Instagram. Ce qui était du privé est largement passé à la sphère publique.

On se met en scène, on publie ses égoportraits sur les réseaux sociaux, on peaufine l’image de soi qu’on souhaite partager avec le plus grand nombre de gens possible. Qu’on soit acteur, ménagère, étudiant, chercheur, politicien, journaliste, sportif ou terroriste, on se met en vitrine du matin au soir et du soir au matin dans l’espoir d’être lu, d’être vu et surtout d’être suivi. On veut tous devenir des communicateurs publics professionnels, des experts du message.

Oui, c’est vrai. Les réseaux sociaux réussissent à mobiliser et à réunir rapidement en un même lieu ceux qui ont un même désir : qu’il s’agisse de se procurer l’iPhone dernier cri, d’organiser une vigie en mémoire d’une star décédée, de se rebeller ou de manifester sa colère ou son soutien. C’est vrai, les réseaux sociaux et l’information permettent à des milliers de personnes de communier et de vibrer ensemble pendant quelques heures. Mais, communique-t-on?

Pendant que vous et moi baignons dans cette mer d’informations où se côtoient le meilleur et le pire, la vérité et le mensonge, le beau et le vilain, qu’advient-il de la communication interpersonnelle? Combien de temps accordons-nous à nos relations humaines en comparaison du temps accordé à nos relations virtuelles? À quand remonte votre dernier repas avec un ami d’enfance? Une conversation téléphonique avec votre marraine? Un 5 à 7 avec un collègue parti à la retraite?

Pour communiquer, il faut plus qu’une transmission unilatérale d’informations, il faut des interactions. Ne laissons pas toute la place aux messages textes, aux rumeurs et aux échos venus du cyberespace, levons la tête en marchant et en conduisant, saluons notre voisin et notre collègue en le regardant dans les yeux. Soyons vigilants et redonnons à l’échange en personne la place qu’elle mérite.

Je vous laisse sur cette phrase de D. Wolton : « Il n'y a pas de lien direct entre l'augmentation du nombre d'informations et la compréhension du monde. Telle est la nouvelle donne du siècle qui s'ouvre : l'information ne crée pas la communication. Voici donc le point de départ du XXIe siècle : la rupture entre information et communication, la difficulté de passer de l'une à l'autre ».

Louise Lachapelle
Experte-conseil en communication et formatrice

janvier 2017
Référence : Wolton, Dominique; Informer n’est pas communiquer, Éditions du CNRS, Paris 2009.

Pour en savoir davantage, vous pouvez consulter notre catégorie « communication ».

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