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Réussir la transition énergétique

11 octobre 2016
Le Québec a globalement raté ses objectifs d’efficacité énergétique pour la période 2006-2015 : seulement 40% de l’objectif visé a été atteint. La gestion de l’efficacité énergétique durant cette période était éclatée entre plusieurs acteurs, sans approche globale et cohérente. Principal conséquence : seulement une fraction des sommes investies ne l’a été dans le secteur où l’énergie coûte le plus cher et pollue le plus : en transport.

Bonne nouvelle, pour remédier à cette situation et atteindre les ambitieuses cibles de la nouvelle politique énergétique 2030, une loi sur sa mise en œuvre est préparée à Québec. La pièce maîtresse de cette loi est la création d’un nouvel organisme : Transition énergétique Québec (TEQ). Cet organisme, relevant du Ministère de l’énergie et des ressources naturelles (MERN), aura pour mission de s’assurer que les cibles du gouvernement soient atteintes. En particulier celle de diminuer de 40% la consommation de produits pétroliers d’ici 2030. L’outil principal de TEQ sera un « plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétiques », d’une durée de cinq ans, qui coordonnera et fera le suivi des programmes nécessaires pour atteindre les cibles. Pour une première fois, le Québec aura donc non seulement des cibles, mais un organisme en charge de planifier comment les atteindre. Il devra documenter annuellement le financement requis ainsi que l’état de la situation énergétique du Québec. Si les choses ne vont pas comme il faut, cet organisme relevant du gouvernement sera là pour tirer la sonnette et rectifier le tir.

Malheureusement, des lacunes sont aussi présentes dans la loi. La première, c’est qu’au lieu de simplifier la gouvernance de la transition énergétique, le gouvernement crée une nouvelle structure qui duplique certaines initiatives visant des objectifs similaires. La seconde, c’est que loin de créer un organisme indépendant, TEQ sera constamment exposée à des possibles ingérences politiques, qui pourraient la détourner de sa mission.

Ainsi, les émissions de gaz à effet de serre (GES) proviennent à 70% de la combustion d’hydrocarbures au Québec, principalement des produits pétroliers (essence et diesel). Près de 80% de ces produits pétroliers sont utilisés en transport. La lutte contre les GES équivaut à une diminution de consommation de produits pétroliers, en transport. Il aurait donc été logique, et souhaitable, que le plan d'action sur les changements climatiques (PACC), financé par le Fonds vert, ne fasse qu’un avec TEQ. Il n’en est rien. Quant au Ministère des Transports, qui devrait être au cœur de la transition énergétique, il n’est pas impliqué dans TEQ.

Par ailleurs, tout dans le fonctionnement de TEQ va être soumis à l’approbation du MERN, qui pourra notamment changer « à tout moment » le plan directeur de TEQ. Cela signifie donc que TEQ sera constamment à risque de voir des commandes politiques être passées, qui n’auront malheureusement pas un impact optimal sur la transition énergétique.

Bravo au gouvernement Couillard pour les cibles de transition énergétique. Mais il faudra aller plus loin : réunir les forces du changement, pour s’assurer d’une efficacité maximale dans la transition.

Pierre-Olivier Pineau
Professeur titulaire, HEC Montréal

Pour en savoir plus : Gérer et décider dans le secteur de l'énergie

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