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PME et financement : avez-vous songé aux « anges investisseurs »?

20 août 2015

Pour tout entrepreneur qui souhaite se lancer en affaires hors de ses frontières, le financement de son expansion demeure un défi en soi. Mais avant d’avoir en poche les précieux dollars qui feront en sorte de garantir l’expansion des activités à l’international, une foule de questions pourront éventuellement surgir dans la tête de l’entrepreneur. Quels sont mes besoins exacts de financement, dans une perspective d’internationalisation de mes activités? 

À quelles sources de financement puis-je recourir? Ai-je de bonnes chances d’obtenir un tel financement? Quels sont les risques associés aux diverses sources de fonds? Autant de questions qui méritent que l’on prenne le temps d’y réfléchir, car la question cruciale du financement de ses activités à l’échelle du globe aura un impact majeur pour la suite des choses.

L’« Enquête sur le financement et la croissance des petites et moyennes entreprises », publiée par Statistique Canada en 2011, nous apporte quelques réponses à ces interrogations. Tout d’abord, la nécessité du financement apparaît évidente pour tout entrepreneur qui souhaite étendre ses horizons. Une foule de frais supplémentaires sont à prévoir : déplacements, transport des marchandises, assurance, frais divers associés aux réglementations étatiques, impôts étrangers à payer, etc. Cela explique, selon l’Enquête, pourquoi les PME exportatrices sont plus nombreuses (44%) à démarcher pour mettre la main sur du financement, en comparaison avec les PME non exportatrices (35%). Quant aux modalités de financement, celles-ci sont nombreuses et doivent faire l’objet d’un examen minutieux. Les recours au crédit-bail, aux instances gouvernementales (par l’entremise des nombreux programmes existants), aux institutions financières classiques (banques à charte, banque de développement, coopérative bancaire) ou même aux fonds de travailleurs sont des solutions à envisager. Mais sachez, et c’est l'« Enquête » qui nous le révèle, qu’une PME exportatrice aura plus de chances de voir sa demande de financement approuvée (93%) qu’une PME qui ne l’est pas (90%)! C’est une chose encourageante!

Mais peut-être avez-vous également envisagé de recourir au capital de risque (venture capital) afin de faire le saut hors du pays. Ou mieux, peut-être qu’un « ange investisseur » ou une firme de capital de risque, ayant entrevu le potentiel de votre PME, vous a déjà approché? Quelles sont alors les implications d’un tel mode de financement? Si vous avez déjà regardé l’émission « Les Dragons », à l’antenne d’ICI Radio-Canada, vous savez déjà de quoi il en retourne : en échange de parts de votre entreprise ou de participation aux profits de cette dernière, un investisseur ou une firme s’engage à vous financer et, parfois même, à vous prodiguer des conseils quant aux défis futurs de l’entreprise. Mais à l’égard du capital de risque, certaines choses sont à garder en tête quant aux modalités d’exercice précises de ce mode de financement. De fait, le débat principal pourra tourner autour de la « présence » de l’investisseur dans l'environnement financier de la PME : celui-ci doit-il investir son magot d’un seul coup au départ de la relation (lump sum) ou doit-il, au contraire, laisser filer les fonds par à-coups, selon les phases de développement de la PME et les résultats qui s’y rattachent? Bonne question, qui dépendra évidemment des objectifs respectifs des principaux protagonistes et de l’entente qu’ils auront su développer. Toutefois, pour nous éclairer à ce sujet, une étude1 menée auprès de 43 PME exportatrices suédoises a démontré que le financement incrémental se concrétisait par une meilleure performance et une plus grande création de valeur pour la PME ainsi financée. À la clé de ce constat réside la coordination requise entre l’investisseur et l’entrepreneur quant aux orientations et la direction de la PME.

Comme quoi une relation avec son investisseur peut se comparer à une relation de couple : c’est dans la communication, la bonne entente et le compromis qu’on obtient les meilleurs résultats!


Merci à François Normandin, chargé de cours à HEC Montréal et rédacteur en chef adjoint Web et médias sociaux de la revue Gestion, pour cet article.

1 Smolarski, Jan & Kut, Can (2011). « The impact of venture capital financing method on SME performance and internationalization ». International Entrepreneurship and Management Journal, 7(1), pp. 39-55.



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