Contenu Menu

" L'importance de l'implication communautaire "  

Octobre 2011

 


Viana POULIN

Professeure invitée

Service de l’enseignement du management


 

Implication personnelle 

Au cours de sa carrière en entreprise, Mme Poulin a été sur plusieurs conseils d’administration (CA) de grandes entreprises, toujours en lien avec le travail (techno-compétences, cégeps,…), jusqu’à ce qu’un ami lui propose d’intégrer le conseil d’administration d’un organisme communautaire. Elle s’est sentie interpellée par la mission de cette organisation et a décidé de s’impliquer ; elle est présidente du CA depuis maintenant 3 ans.

Cette organisation, à la philosophie et à la mission unique depuis 20 ans, offre une panoplie d’activités de soutien et d’écoute auprès d’enfants du primaire, âgés de 5 à 12 ans, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

 

Quels sont les défis particuliers de la gestion d'un organisme à but non lucratif – OBNL ?

Les principaux enjeux d’un organisme communautaire sont  le financement et la rétention des employés et des bénévoles.

En effet, les OBNL sont largement tributaires des aides gouvernementales et philanthropiques qui fluctuent d’une année à l’autre. Le défi est alors de continuer à offrir les mêmes services et activités avec peu ou moins de moyens, les membres du CA doivent alors faire preuve d’une grande créativité !

L’enjeu majeur pour un organisme communautaire est aussi la rétention.  Comme pour toute organisation, le roulement des employés coûte très cher à une OBNL : de bonnes conditions de travail et une formation adéquate sont quelques outils pour les motiver à rester dans l’organisme.  La rétention des membres du CA peut aussi représenter un challenge car un conseil d’administration est souvent un équilibre fragile, long et complexe à obtenir, qui repose sur des membres d’origines, d’expériences et d’âges différents. Enfin, le fonctionnement de la majorité des OBNL n’est possible que grâce à l’implication active de bénévoles. L'organisme doit à la fois arriver à agrandir son bassin de bénévoles en sélectionnant et en intégrant les « bons bénévoles » dont les attentes et compétences sont en adéquation avec l'organisation, mais aussi à garder les bénévoles déjà impliqués, et ce, dans un contexte où le bénévolat peut être très demandant sur le plan professionnel et personnel.

 

Au niveau individuel, quels sont les défis d'une implication bénévole ?

Les défis peuvent être très variables selon le type de bénévolat. Cela peut parfois impliquer un travail de préparation. Par exemple, en tant que membre d’un CA, il est essentiel d’arriver préparer, d’avoir lu l’ordre du jour et le procès verbal de la rencontre précédente. Dans le cas de l’implication bénévole dans une association étudiante, les défis sont alors d’organiser les événements (logistique, communication, budget,…), de gérer les bénévoles et de motiver les autres étudiants à participer aux activités.

Le bénévolat peut aussi amener à gérer d’autres bénévoles. Or, la gestion de bénévoles est encore plus difficile que la gestion d’employés car elle impose des défis supplémentaires de taille. Alors que les employés sont rémunérés, ont un rôle défini et des objectifs à atteindre ; les bénévoles ont le choix de quitter l’organisme à tout moment s’ils estiment que la mission et les valeurs ne correspondent pas à leur attentes ou qu’ils ne sont pas suffisamment reconnus ou valorisés.

Enfin, l’implication bénévole doit s’appuyer sur une motivation réelle et sincère, celle-ci ne doit pas être fondée sur une approche utilitariste du bénévolat, autrement dit ‘‘pour que cela paraisse bien sur le curriculum vitae’’ car « Quand on s’implique, on s’implique pour vrai ! ».

Avant de s’impliquer, il est primordial de se fixer des objectifs et de connaitre ses limites, cela permettra d’investir un temps de meilleure qualité et de respecter notre engagement et les attentes que nous avons créées auprès de l’organisme communautaire. Le bénévole doit, pour cela, porter attention à bien doser son degré d’implication.

 

Que retire-t-on à titre personnel et professionnel ?

L’expérience professionnelle et l’expérience bénévole sont complémentaires : on utilise ses connaissances professionnelles dans le cadre du bénévolat, mais on peut aussi s’inspirer de notre expérience de bénévolat dans notre approche de gestionnaire au travail. Par exemple, lorsque j'étais responsable du développement d’affaires chez BELL au Québec, on traitait les demandes de commandites et de dons. Cela m'a permis de connaître le milieu et les rouages du système de la philanthropie privée, apprentissage que j'ai transféré à l'organisme et qui facilite énormément les démarches de financement auprès des entreprises.

Aussi, avoir l’opportunité de travailler avec des personnes évoluant dans le milieu communautaire est très enrichissant car ce sont généralement des personnes passionnées, proches de leurs émotions et qui ont envie de changer, de faire évoluer la société. Cela permet de côtoyer des personnes différentes du monde de l’entreprise où tout le monde a tendance à se ressembler. 

 

En quoi l'engagement bénévole est-il important pour une carrière ?

Il existe une palette d’opportunités pour s’impliquer : communauté, associations étudiantes, journal étudiant, politique, sport, etc.

Tout d’abord, le bénévolat représente une expérience complémentaire à la formation universitaire, cela permet de développer et de confronter ses habiletés de gestionnaire sur le terrain. À l’embauche, le gestionnaire ne s’attend évidemment pas à ce qu’un jeune finissant ait une feuille de route très fournie. Cependant, lors du recrutement, il portera une attention particulière aux expériences extrascolaires comme le bénévolat. En effet, l’implication est la meilleure carte de visite que puisse présenter un jeune débutant à un potentiel employeur. Elle témoigne d’une curiosité, d’une maturité, d’une créativité et d’une ouverture d’esprit, autant de caractéristiques qui lui permettront de se démarquer des autres candidats.

Partager cette page :
| Plus

Événements en développement durable

(R)évolution économique dans une ère de ressources limitées
Du jeudi 19 octobre 2017 au dimanche 22 octobre 2017
Conférence | Goûter aux changements climatiques
Mardi 31 octobre 2017 de 9 h 00 à 13 h 30
Tous les événements en développement durable | RSS RSS
 
Logo HEC Montréal

Facebook YouTube Flickr Twitter LinkedIn Instagram
© HEC Montréal, 2017  Tous droits réservés.